02/09/2014

- 1 - Informations Express

a) PRESENTATION DES ATELIERS DE L'UTL

 

1)  Atelier  Ecriture

L'atelier d'écriture compte aujourd'hui 13 membres (8 femmes / 5 hommes). Il se réunit le mardi matin toutes les 2 semaines, de 9h à 11h30 dans une ambiance studieuse, conviviale, très souvent joyeuse.

Nous écrivons en dehors de l'atelier et en réunion nous définissons les thèmes que nous souhaitons aborder (un thème différent par quinzaine) ; nous échangeons les textes que nous avons écrits, les lisons, les commentons, cherchons collectivement les améliorations dont ils peuvent faire l'objet. Nous nous efforçons de travailler sur le même thème au même moment pour renforcer la cohésion du groupe, mais tout texte libre est le bienvenu.

Il n'y a bien sûr aucune obligation de résultat, mais l'expérience montre que même si au début il est parfois difficile de se lancer, après quelques séances on se découvre des capacités qu'on ne soupçonnait pas, et le plaisir est toujours au rendez-vous, même si le résultat est modeste.

En 2013-2014, trois sujets ont   été retenus :

  • Imaginer les répliques d'une pièce de théâtre dont on n'a que les débuts.

  • Inventer une petite histoire dont le titre est choisi dans une liste pré-établie.

  • martine guivarchJPG.JPGrédiger une courte nouvelle « à chute ».

 

 coordinatrice  : Martine Guivarch

2 ) Atelier SCIENCE


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Horaire: le mercredi après midi de 14 h 30 à 16 h, au local UTL rue Le Flô.

Animateur: André RIO.

 

0058033e2599ff08671b2f6b4dcfcf1f.jpgCes ateliers sont animés par André RIO, Ingénieur ENSIC, Docteur ès Sciences Physiques. Ne pas être totalement ignorant des extraordinaires découvertes réalisées en quelques décennies et qui ont bouleversé nos idées sur le monde, l' Astronomie, dans les Sciences de la Vie, le fonctionnement du Cerveau et la connaissance de nos lointains ancêtres, la vie et la conscience, tel est le programme du groupe. Fonctionnant depuis plus de 25 ans, à raison de deux séances par mois, il continue à passionner de nombreux participants, fidèles ou occasionnels, dont la plupart n'avaient pas de formation scientifique.

André RIO fixe un sujet selon les thèmes d'intérêt du moment qui sert de base de discussions ouvertes avec les participants.

Des textes résumant les sujets traités sont disponibles.

 

3)  Atelier Philo

 

Animé par   Yves-Marie Le Lay, professeur de philosophie.

Dates et heures:

2nd mardi du mois

- premier groupe de 14 h15  à 15h45

- deuxième groupe de 16h  à 17h30

3) Atelier «  Histoire de la Musique »

Pour la troisième année consécutive, nous proposons quatre ateliers animés par M. Guillaume Kosmicki, musicologue.
Le sujet : la musique romantique ( 1810 – 1890)

- Début de la période : Beethoven, Schubert, Weber...

  • Son apogée : Mendelssohn, Chopin, Listz, Schuman, Berlioz, Wagner, Verdi...

  • la fin : Franck, Brahms, Saint-Saêns, Mahler, Bruchner...

En continuité avec les années précédentes ( Baroque en 2012/2013, Classique en 2013/2014)

Les dates proposées sont les suivantes :

le 15 octobre, le 19 novembre , le 17 décembre 2014 et le 28 janvier 2015

à 14h30 au local UTL, 17 rue Gal Le Flô à Morlaix

La participation à cet atelier est évaluée à 80 € / pers.

Son règlement est réparti en deux fois : 60€ à l'inscription , le solde à la dernière séance. Les 60€ peuvent s'acquitter en trois mensualités ( maxi) ; le solde étant ajusté, comme les années passées – en fonction du nombre de participants. Ce prix forfaitaire comprend la rémunération du conférencier ainsi que ses frais de déplacement.

4) Atelier Lecture

1er atelier : le 16 septembre à 14 h 15 ( voir le mode de fonctionnement à la rubrique Atelier n°4)

Pour cette rentrée , nous ne lisons pas tous les mêmes livres , mais un livre dont le sujet est une « robinsonnade » ( vivre sur une île déserte).
Parmi les titres retenus :

  • la vérité sur Robinson de Charlie Buffet.

  • Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier.

  • Sa majesté des mondes de William Golding.

  • Robinson des mers du Sud de Tom Neal.

  • Robinson Crusoe de Daniel de Foe.

  • Foe de J.M. Coetzee.

  • L'empreinte de Crusoe de Patrick Chamoiseau.

5) Atelier « Aimons la musique ensemble »

L'année s'est achevée par une comparaison de 4 ténors interprétant les mêmes airs :

          - . e lucevan le stelle                ( dans la Tosca de Puccini)

          - . Celeste Aïda                         ( dans Aïda de Verdi )

          - . una furtiva lagrima               ( dans l'Elixir d'Amour de Donizetti)

La première séance de l'année 2014-2015 aura lieu le 15 septembre à 14 h 00.

avec au programme : « les femmes et la musique »

Les séances suivantes : le 13 octobre, le 03 Novembre et le 1er décembre.

 

 Nota : la participation à ces ateliers est réservée aux adhérents de l'UTL.

Vous pourrez vous inscrire  à ces ateliers dès la permanence de pré-rentrée le 18 septembre 2014

de 09 h30 à 12 h et de 14h30 à 17h00 

b) les toutes dernières lectures d'Annette

  • « Mitsuba » d' Aki Schimazaki

On assiste à la naissance de l'amour entre deux jeunes gens qui semblent faits l'un pour l'autre. Ils annoncent leurs fiançailles. Las...
La Compagnie d'import-export Goshima qui les emploient tous deux en décide autrement. Ils seront contraints de renoncer à leur beau projet et de faire leur vie chacun de leur côté.
L'aspect sociologique du roman est très intéressant. Lorsqu'un Japonais entre dans une firme, celle-ci le tient peids et poings liés, que ce soit un homme ou une femme. Elle dispose de lui , de sa vie( y compris privée), de son temps. Il n'a aucun recours.
Autoritarisme, poids de l'argent : l'employé dépend de son supérieur, sans avoir son mot à dire.
Tout cela est exprimé avec la plus grande sobriété, la plus grande délicatesse. J'ai pris beaucoup d'intérêt et de plaisir à lire ce livre.

Aki Schimazaki , née au japon, vit depuis 1991 à Montréal.

  • «  Notre Dame du Nil » de Scholastique Mukasong

Le lycée Notre Dame du Nil est un lycée réservé pour les filles de la « bonne société ».
L'histoire se passe au Rwanda au début des années 1970
. Dès les premières pages, on entre dans le vif de la haine ( raciale ? Tribale en tous cas) que les Hutus, détenant le pouvoir, vouent aux Tutsis. Au lycée, un quota obligatoire de Tutsis où leur vie n' est pas facile. N'imaginez surtout pas que ces jeunes filles soient à l'abri, dans cet établissement, des problèmes extérieurs. Certes elles adoptent les croyances chrétiennes qui leur sont inculquées, mais les habitudes, les rites paganistes demeurent. Les coutumes africaines, leurs racines, ne disparaissent pas.
Et ces demoiselles sont le reflet, le porte-drapeau de leurs familles. Certaines ont plus de caractère que d'autres. Progressivement, le danger extérieur se rapproche... Nul ne peut être protégé contre l'horreur quand elle se développe à ce degré d'intensité.
Beau livre, à l'écriture remarquable. Descriptions poétiques, descriptions horribles dont la sobriété décuple l'effet.
Oeuvre tragique, l'antiracisme de l'écrivain est omniprésent.

L'auteur, rescapée des massacres vit et travaille en Basse Normandie depuis 1991

 

 

 


uteru

4) les dernières lectures d'Annette

  • morlaix«  Le Pape Vert » de Miguel Angel Asturrias

Thomson, un yankee, arrive sur la côte dune petite république d'Amérique Centrale. Sera-t-il pirate ? Planteur de bananes ? Quel métier sera le plus lucratif des deux?
Il opte pour les bananes. Ce ne sont pas les scrupules qui le dérangeront pour spolier les autochtones et pour parvenir à ses fins.

Ce livre est somptueusement écrit. Les quelques lignes d'amour se révèlent d'une prodigieuse beauté. Asturias cisèle la phrase, il file des métaphores chatoyantes. Envoûtantes les descriptions du climat et de la nature luxuriante.
L'esprit des personnages correspond à leur moralité jusqu'à la plus abjecte répugnance. L'auteur porte en lui les souffrances du petit peuple , qu'il nous fait sentir dans toute leur ampleur alors que peu de mots lui suffisent.
Persistez dans votre lecture ( si toutefois vous l'entreprenez) , même si quelques passages, dans leur richesse, vous déroutent : vous en serez récompensés. J'espère que vous partagerez mon enthousiasme, même si on ne peut qualifier ce livre de lecture de vacances !

Miguel Angel Asturias : poète, écrivain et diplomate guatémaltèque, prix Nobel de littérature en 1967.

  • morlaix« Sous les vents de Neptune » de Fred Vargas.

    « Adamsberg termina son café et posa son menton dans sa main. Il lui était arrivé en des tas d'occasions de ne pas comprendre, mais c'était la première fois qu'il échappait à lui-même. La première fois qu'il basculait, le temps de quelques secondes, comme si un clandestin s'était glissé à bord de son être et s'était mis à la barre. De cela, il était certain : : il y avait un clandestin à bord. Un homme sensé lui aurait expliqué l'absurdité du fait et suggéré l'étourdissement d'une grippe. Mais Adamsberg identifiait tout autre chose, la brève intrusion d'un dangereux inconnu, qui ne voulait aucun bien. ».

Un policier ! Mais oui : de même que j'apprécie Agatha Christie, je dévore allègrement Fred Vargas.
« Sous les vents de Neptune » m'a transportée au Canada et dans quelques villes ou petits coins de France. J'ai retrouvé les principaux personnages : Adamsberg, le commissaire et Danglard, son adjoint , ainsi que Violette Rétancourt. Toujours la séduction de l'inattendu : un mort qui assassine, des personnages truculents, ou saugrenus. Cette fois-ci, nous ferons une petite incursion dans le monde des « hackers » de l'informatique grâce auxquels tout rentrera dans l'ordre...après 400 pages d'inquiétude, de suspense !!!

le pauvre Adamsberg est vraiment malmené et son équipe lui restera fidèle.

Méticulosité, acharnement, ténacité ; les sentiments humains, très bien décrits avec une sobriété efficace. L'humour, ici, comme dans les autres romans, nous transporte d'aise, sans parler de la poésie.
Lecture de vacances, oui, mais lecture de charme ….pas tranquille.

  • morlaix« Le bonheur conjugal » de Tahar Ben Jelloun

    Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d'expositions, de voyages et de liberté, foudroyée.
    Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d'écrire en secret un livre qui racontera l'enfer de son couple. Un travail d'auto-analyse qui l'aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l'atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari. Qu'est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution ?

    un peintre renommé se retrouve dans un fauteuil roulant à la suite d'un AVC après une dispute avec son épouse. Il raconte l'enfer de son couple. Sa femme découvre l'écrit et livre alors sa version des faits : deux versions de la même histoire vécue.

     

  • morlaix« rouge Brésil » prix Goncourt 2001 de Jean Christophe Rufin

    La grande aventure des Français au Brésil est un des épisodes les plus extraordinaires et les plus méconnus de la Renaissance.
    Rouge Brésil raconte l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre : la baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. Les personnages - et d'abord le chevalier de Villegagnon, chef de cette expédition, nostalgique des croisades, pétri de culture antique, précurseur de Cyrano ou de d'Artagnan

Deux enfants sont embarqués de force au Brésil : leur famille veut s'en débarrasser, leur père étant mort. Ils sont les seuls héritiers. C'est une épopée. Deux civilisations si différentes : occidentale / amérindienne. Quelle est la plus cruelle ? Roman au grand souffle.

    • morlaix« Katiba » de Jean Christophe Rufin

      Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L'attaque est signée al-Qaida au Maghreb islamique, une organisation terroriste implantée dans les anciennes zones d'influence française d'Afrique de l'Ouest. Tout laisse à penser qu'elle veut aller beaucoup plus loin et rêve de frapper la France au coeur.

roman d'espionnage moderne qui se passe au Sahara et en plein coeur de Paris. Qui est Katiba ? Que fait-elle réellement ?

 

 

  • morlaix« L'éternité n'est pas de trop » de François Cheng

    En Chine, au XVIIème siècle, Dao-sheng a connu mille vies. Joueur de violon vendu enfant à une troupe de comédiens itinérants, il a été envoyé au bagne pour avoir osé sourire à la jeune Lang-ying, promise au seigneur Zhao. Ayant réussi à s'échapper après bien des souffrances, il trouve refuge dans un monastère taoïste où il apprend l'art de la médecine et de la divination. Parvenu à l'âge mûr, il part à la rencontre de celle qui n'a jamais cessé d'habiter son coeur....

Très beau livre d'amour en Chine. Amour platonique ; contraint au silence , qui s'exprime par le regard, une complicité totale. Au regard d'un environnement hostile et vulgaire, deux être vivent leur histoire dans une pureté et une intensité que seule peut créer leur richesse ( et leur générosité) beauté du texte, beauté des descriptions

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* à la recherche de l'auteur -

Avec « Cien años de soledad » prend fin cette série de textes au choix bien hasardeux.
Félicitations au Marquis de Monpracem demeurant à Poucharramet pour ses 24 réponses exactes.

morlaixIl l'avait écrit en sanscrit, qui était sa langue maternelle, et avait chiffré les vers pairs à l'aide du code personnel de l'empereur Auguste et les impairs avec les codes militaires lacédémoniens. La dernière défense, qu'Aureliano commençait à percer à jour quand il se laissa terrasser par l'amour d'Amaranta Ursula, avait consisté pour Melquiades à ne pas échelonner les faits dans le temps conventionnel des hommes, mais à concentrer tout un siècle d'épisodes quotidiens de manière à le faire tous coexister dans le même instant. Fasciné par cette trouvaille, Aureliano lut à voix haute, sans sauter une ligne, les encycliques chantées que Melquiades lui-même avait fait écouter à Arcadion, et qui étaient en fait la prophétie de son exécution, et il trouva annoncée la naissance de la femme la plus belle du monde, qui était en train de monter au ciel corps et âme, et il apprit la venue au monde de deux défunts jumeaux qui avaient renoncé à déchiffrer les parchemins, non seulement par incapacité et inconstance, mais parce que leurs tentatives étaient prématurées. A ce point, impatient d'apprendre sa propre naissance, Aureliano sauta tout un passage. Alors commença à se lever le vent, tiède et tout jeunet, plein de voix du passé, des murmures de des géraniums anciens, de soupirs de désillusions encore antérieures aux plus tenaces nostalgies. Il n'y fit pas attention car il était à cet instant en train de découvrir les premiers indices de son être, dans la personne d'un grand-père concupiscent qui se laissait entraîner dans la frivolité à travers une désert halluciné, en quête d'une très belle femme qu'il ne devait pas rende heureuse. Aureliano le reconnut, continua de suivre les chemins occultes de sa descendance et découvrit l'instant de sa propre conception, entre les scorpions et les papillons jaunes d'un bain crépusculaire où un simple ouvrier assouvissait son goût de la luxure avec une femme qui se donnait à lui par rébellion. Il était si absorbé qu'il ne perçut pas davantage la seconde et impétueuse attaque du vent dont la puissance cyclonale arracha portes et fenêtres de leurs gonds, souffla le toit de la galerie est et déracina les fondations. Ce n'est qu'alors qu'il découvrit qu'Amaranta Ursula n'était pas sa soeur, mais sa tante, et que Francis Drake n'avait pris d'assaut Riohacha que pour leur permettre de se chercher dans les labyrinthes du sang les plus embrouillés, jusqu'à engendrer l'animal mythologique qui devait mettre un point final à la lignée. Macondo était déjà un effrayant tourbillon de poussière et de décombres centrifugé par la colère de cet ouragan biblique, lorsque Aureliano sauta onze pages pour ne pas perdre de temps avec des faits bien trop connus, et se mit à déchiffrer l'instant qu'il était en train de vivre, le déchiffrant au fur et à mesure qu'il le vivait, se prophétisant lui-même en train de déchiffrer la dernière page des manuscrits, comme s'il se fût regardé dans un miroir de paroles. Alors il sauta encore des lignes pour devancer les prophéties et chercher à connaître la date et les circonstances de sa mort. Mais avant d'arriver au vers final, il avait déjà compris qu'il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était dit que la cité des miroirs (ou des mirages ) serait rasée par le vent et bannie de la mémoire des hommes à l'instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait depuis toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n'était pas donné sur terre de seconde chance.

morlaixEn ce temps-là, j'étais très jeune et vivais avec mes grands-parents dans un pavillon aux murs blancs de la rue Ocharan, à Miraflores J'étudiais à l'université de San Marcos, le Droit, je pense, résigné à gagner plus tard dans ma vie dans une profession libérale, quoique, au fond, j'aurais mieux aimé devenir écrivain . J'avais un travail au titre pompeux, au salaire modeste, aux attributions illicites et à l'horaire élastique : directeur des Informations à Radio Panamerica. Il consistait à découper les nouvelles intéressantes qui paraissaient dans les journaux et à les maquiller un peu de façon à les lire lors des bulletins radiodiffusés. La rédaction que je dirigeais se limitait à un jeune homme aux cheveux gominés et amateur e catastrophes appelé Pascual. Il y avait des bulletins toutes les heures, d'une minute,, sauf ceux de midi et de neuf heures qui duraient quinze minutes, mais nous en préparions plusieurs à la fois, de sorte que j'étais souvent dehors à siroter des cafés à la Colmena, quelquefois à mes cours, ou dans les bureaux de Radio Central, plus animés que ceux de mon travail.
Les deux chaînes de radio appartenaient à un même propriétaire et étaient à côté l'une de l'autre , rue Belen, tout près de la place San martin. Elles ne se ressemblaient en rien. Ou plutôt, comme ces soeurs de tragédie qui sont nées, l'une pleine de grâces et l'autre de défauts, elles se distinguaient par leurs contrastes. Radio Panamerica occupait le second étage et la terrasse d'un immeuble flambant neuf, et avait, chez son personnel, dans ses ambitions et ses programmes , un petit air cosmopolite et snob, une teinture de modernité, de jeunesse et d'aristocratie. Bien que ses présentateurs ne fussent pas argentins ( aurait dit Pedro Camacho) ils méritaient de l'être. On y passait beaucoup de musique, quantité de jazz, de rock et une pincée de musique classique, c'est sur ses ondes que les derniers succès de New York et d'Europe étaient diffusés en premier à Lima, mais on n'y dédaignait pas non plus la musique latino-américaine pourvu qu'elle fût quelque peu sophistiquée ; la musique nationale était admise avec prudence et seulement au niveau de la valse. Il y avait des programmes d'une certaine allure intellectuelle. Portraits du passé, Commentaires internationaux, et même dans les émissions frivoles, les concours de Questions-Réponses ou le Tremplin de la gloire, on notait un souci de ne pas trop tomber dans la stupidité ou la vulgarité. Une preuve de son inquiétude intellectuelle était ce service d'Informations que Pascual et moi alimentions, dans un cagibi en bois construit sur la terrasse, duquel on pouvait apercevoir les dépotoirs et les dernières fenêtres coloniales des toits liméniens. On y accédait par un ascenseur dont les portes avaient l'inquiétante habitude de s'ouvrir avant l'arrêt.

Radio Central, en revanche, s'entassait dans une vieille maison pleine de cours et de recoins, et il suffisait d'entendre ses présentateurs culottés et l'argot aux lèvres pour reconnaître sa vocation plébéienne, populaire, voire populacière. On y diffusait peu de nouvelles, aussi y régnait en maîtresse et reine la musique péruvienne, y compris celle des Andes, et il n'était pas rare de voir les chanteurs indiens des théâtres participer à des émissions ouvertes au public qui rameutaient les foules bien des heures à l'avance aux portes du studio.Ses ondes étaient aussi parcourues, avec prodigalité, de musique tropicale, mexicaine, argentine, et ses programmes étaient simples, sans imagination, efficaces : Disques des auditeurs, Chansons d'anniversaires, Ragots du monde du spectacle, l'Acétate et le cinéma. Mais son plat de résistance, dont on usait et abusait, et qui selon tous les sondages, lui assurait son immense écoute, c'étaient les feuilletons radiophoniques.
Il en passait, au bas mot, une demi-douzaine par jour, et moi, je m'amusais à épier les interprètes au moment de l'enregistrement : actrices et acteurs sur le déclin, faméliques, haillonneux, dont les voix juvéniles, caressantes, cristallines, juraient terriblement avec leur visage vieilli, leur bouche amère et leurs yeux las. »le jour où l'on installera la télévision au Pérou, ils n'auront plus qu'à se suicider » prédisait Genaro fils en les montrant du doigt à travers les vitres du studio où, comme dans un grand aquarium, texte en main, on les voyait alignés autour du micro, prêts à entamer le chapitre vingt-quatre de la famille Alvear. Et , en effet, quelle déception aurait été celle de ces ménagères si elles avaient vu son corps contrefait et le strabisme de son regard, et quelle déception celle des retraités chez qui le murmure musical de Josefina Sanchez éveillait des souvenirs, s'ils avaient pu apercevoir son double menton, sa moustache, ses oreilles décollées, ses varices ; mais l'arrivée de la télévision au Pérou n'était pas pour demain et la discrète subsistance de la faune radio-theâtrale semblait pour l'heure assurée.....

morlaixLa première fois que je suis allé à une course de taureaux, je m'attendais à être horrifié et peut-être à me trouver mal, à cause de ce qu'on m'avait raconté sur le sort des chevaux. Dans tout ce que j'avais lu sur les combats de l'arène, on insistait sur ce point. La plupart des gens qui en ont écrit ont condamné tout net les courses de taureaux comme une chose stupide et brutale ; …..

la course de taureaux n'est pas un sport au sens anglo-saxon du mot, c'est-à-dire un combat égal ou un essai de combat égal entre un taureau et un homme. C'est plutôt une tragédie ; la tragédie de la mort d'un taureau, qui est jouée, plus ou moins bien, par le taureau et l'homme qui y participent, et où il y a danger pour l'homme mais mort certaine pour l'animal. Le danger couru par l'homme peut être accru à volonté par le torero dans la mesure où il travaille près des cornes du taureau. Les règles de la course de taureaux à pied dans une enceinte fermée, formulées par des années d'expérience, permettent à l'homme qui les connaît et qui les suit d'accomplir avec un taureau certaines actions sans être atteint par ses cornes ; en se tenant à ces règles, le torero peut diminuer à sa guise sa distance des cornes ; et , ce faisant, il doit compter de plus en plus sur ses réflexes et son appréciation de la distance pour esquiver les pointes aigües...

Nul ne peut dire , en voyant un taureau de combat dans les corrales, si ce taureau sera brave dans l'arène, bien que , en général, plus le taureau est tranquille, moins il semble nerveux, plus il est calme, et plus il y a des chances qu'il se révèle brave. La raison en est que plus il est brave, généralement, plus il a confiance en soi, et moins il cherche à en imposer. Tous les prétendus signes de danger que donne un taureau, comme de piétiner le sol, de menacer de ses cornes ou de mugir sont des formes de bluff....

L'homme qui tue recibiendo se tient immobile, les pieds juste un peu écartés après avoir provoqué la charge, en pliant une jambe en avant et en agitant la muleta vers le taureau ; il laisse le taureau venir jusqu'à ce que l'homme et le taureau ne forment qu'une figure, en même temps que l'épée s'avance au-devant de lui ; puis la figure est brisée par le choc de la rencontre, et pendant un moment ils sont unis par l'épée qui semble s'enfoncer pouce par pouce. C'est la manière la plus arrogante de donner la mort, et c'est l'une des plus belles choses que vous puissiez voir dans la course de taureaux......

 

morlaixLes dés roulèrent sur le drap vert du plateau, atteignirent ensemble le rebord et rebondirent. L'un s 'immobilisa aussitôt, montrant six points blancs en deux rangées parallèles de trois. L'autre trébucha jusqu'au centre avant de s'arrêter à son tour. Sa face supérieure ne portait qu'un seul point blanc.
Ned Beaumont poussa un grognement et les gagnants raflèrent les enjeux...............

Le cadavre de Taylor Henry, fils du sénateur Ralph Bancroft Henry, a été découvert cette nuit, quelques minutes après dix heures au coin de Pamela Avenue et China Street. On croit qu'il a été victime d'une agression. Il était âgé de vingt-six ans......

-Je veux que vous alliez à l'Observer et que vous leur racontiez tout ce que vous savez de ses combines, les contrats de voirie, les tenants et aboutissants du meurtre de Taylor Henry. Cette salade de l'année dernière, je veux dire l'affaire Shoemaker et toutes les saletés qu'il trafique avec la municipalité.

-Les contrats de voirie ne peuvent plus vous servir à rien, maintenant, dit Ned Beaumont distraitement et comme s'il pensait à autre chose. Il a renoncé à ses bénéfices pour éviter des histoires.

-Très bien, concéda O'Rory sans se démonter, mais il y a toujours l'assassinat de Taylor Henry ?

-Oui, là on le tient, répondit Ned Beaumont en fronçant les sourcils ; mais je ne sais pas si nous pourrions utiliser l'affaire Shoemaker...

Il hésita.

-... sans me mettre dans le bain

-Ah!Diable ! Nous ne voulons pas de ça ! s'exclama O'Rory. Bon, nous n'en parlons plus. Qu'est-ce qu'il nous reste encore ?

-Peut-être que nous pourrions nous servir de l'affaire du prolongement des lignes de tramway et des combines avec les municipalités de banlieue, l'année dernière. Mais il faudra faire quelques recherches d'abord......

morlaixL'éclipse de Soleil de 1919

Au XVIIe siècle, pour expliquer le mouvement des planètes autour du Soleil, Newton a introduit la notion d'une « force à distance ». Le Soleil attire la terre située à cent cinquante millions de kilomètres de lui. Cette notion avait été assez mal reçue par les scientifiques de l'époque qui lui préféraient la notion de « force de contact », chère à Descartes. Avec Einstein, la notion même de force disparaît. C'est celle de la déformation de la géométrie de l'espace par la présence de corps massifs qui la remplace. La courbure de l'espace autour du Soleil suffit à imposer à la Terre son mouvement orbital annuel.
S'agit-il d'un simple jeu de l'esprit ? N'a-t-on pas inutilement compliqué la situation en remplaçant le concept de force par celui de déformation de la géométrie de l'espace ? Ce qui compte, c'est l'efficacité de la théorie. Celle de newton ne peut pas expliquer le comportement de l'orbite de Mercure, celle d'Einstein le peut. Cette notion d'efficacité est fondamentale en science : on remplace une théorie par une autre si celle-ci rend compte de plus de phénomènes physiques que la première. A cette condition, on adopte un formalisme nouveau, même s'il est plus compliqué que le premier.
Retournons maintenant à la tour de Pise où Galilée observe le mouvement des boules métalliques de diverses masses qu'il a laissées tomber. En quoi la nouvelle conception d'Einstein explique-t-elle la simultanéité de leur arrivée au sol ? La réponse est simple : si le mouvement des corps n'est pas relié à leurs propriétés individuelles mais à la géométrie de l'espace, on peut comprendre que toutes les boules qui se meuvent dans cet espace se comportent de la même façon quelle que soit leur masse respective.
Cette théorie d'Einstein a connu un grand succès de popularité en 1919 , lors d'une éclipse du Soleil. Le mouvement de la lumière elle-même est soumis à la courbure de l'espace imposée par les corps massifs. A partir de cette idée, Einstein avait prévu qu'au moment où le Soleil allait disparaître derrière le disque de la Lune on pourrait, dans le ciel obscurci, voir des étoiles situées derrière le disque du Soleil. En effet, la lumière de ces étoiles allait être déviée par la masse du Soleil lors de son passage auprès de lui et ainsi être obligée de le contourner et à nous parvenir.
Les observations de l'éclipse par l'astronome anglais Eddington allaient confirmer cette prédiction. Ce succès, annoncé dans les journaux du globe, donna à Einstein une célébrité mondiale. On dit qu'en apprenant la bonne nouvelle de la confirmation de sa théorie il n'en fut nullement surpris.

On a ici un bel exemple du processus scientifique mis en oeuvre dans toute recherche.Une théorie nouvelle, ici la relativité générale, est confrontée à l'épreuve des faits.les prédictions de la théorie sont confirmées par l'observation.par la suite, elle a remporté bien d'autres succès qui l'ont crédibilisée aux yeux des scientifiques...

 

Brouillard sur la frontière.

morlaixL'agent de la Patrouille frontalière Valentin Pescatore conduisait sa Jeep Wrangler à toute vitesse, plein sud à travers brume. Pour chasser la gueule de bois et l'envie de dormir, il avait acheté une canette de Coca au bord de la route. Il avala une gorgée : le gaz lui monta au nez. Il freina pour prendre un virage, soulevant un nuage de poussière. Des lièvres détalèrent devant ses phares....
Après une nuit de bruine et de brouillard, le soleil s'était levé sur un matin clair et froid. La vieille Crown Victoria marron atteignit le sommet de la colline, juste avant que la Calle Internacional descende vers l'est et sorte des canyons vers la Zona norte et la Zona Rio. Leobardo Mendez, chef d'une unité armée mexicaine appelée le groupe Diogène, était assis à l'arrière de la voiture. La crosse d'un pistolet dépassait d'un journal posé à côté de lui. Mendez avait l'impression de planer au-dessus d'un panorama immaculé, lisse et brillant.

La route zigzaguait entre les groupes de migrants et les vendeurs, encadrée par la barrière à gauche et les palmiers à droite.....

C'est l'escalade de la violence. De la provocation. Les Ruiz Caballero n'avaient aucune raison d'abattre le Colonel comme ils l'ont fait. Ils en ont eu plusieurs fois l'occasion en prison. Mais ils ont préféré attendre, l'aider à s'évader, puis orchestrer cette fin horrible et spectaculaire. Leur petite touche personnelle, leur signature, a été de le tuer sur la frontière. Histoire d'impliquer la Patrouille frontalière et de narguer les Américains. C'est une façon de leur dire, et à nous aussi, qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent avec qui ils veulent.
Le secrétaire l'écoutait tout en parcourant le rapport posé sur ses genoux.....

l'agent du groupe Diogène en charge de la sécurité d'Aguirre apparut derrière les portes vitrées et en ouvrit une. Il portait une chemise trop grande dont il avait remonté les manches et dont les pans recouvraient l'étui de son arme. Les manifestants se mirent à crier des slogans et à agiter leurs pancartes.
Le reflet du soleil sur le verre empêchait de bien voir ce qui se passait à l'intérieur. Mendez reconnut la silhouette d'Araceli Aguirre qui approchait dans le hall. Elle marchait d'un pas décidé, très droite dans sa robe pourpre, un foulard en soie autour du cou. Elle tenait une liasse de papiers dans la main droite. Un assistant la suivait de près . Photographes et caméramans se préparèrent à l'action.

-La voilà ! S'écria un des manifestants.
Les sifflets et les cris montèrent crescendo.

-Aguirre est une traîtresse ! Droits de l'homme pour la police !

Le groupe d'agités força le passage, obligeant les policiers à reculer. Les gardes du corps d'Aguirre s'en prirent à un petit gros qui tenait une pancarte.
Bande de cons, pensa Mendez. Qu'est-ce qu'ils espèrent ?

Le premier coup de feu retentit avec un bruit de porte qui claque. Il provenait de derrière Aguirre. De l'intérieur du bâtiment. Elle fut …..

morlaixMalaise dans la politique économique

Pour qui a gardé le souvenir des belles années de la régulation keynésienne, la politique économique offre désormais un singulier visage. Disparus les réglages fins de la politique conjoncturelle, évanouies la sage régularité et la prédictibilité des réactions du corps économique, envolée la souveraineté d'une politique économique qui décidait volontairement et agissait efficacement. C'est un curieux spectacle qu'offre au lieu et place des beaux ordonnancements du keynésianisme autocentré la politique économique d'aujourd'hui, mélange paradoxal d'une continuité intransigeante, d'une inefficacité répétée et d'une désorientation croissante. La profonde crise de territorialité de la politique économique, à savoir le débordement de l'espace sur lequel elle s'exerçait pertinemment par des forces économiques sans frontière, la tutelle incompréhensible des marchés, la soumission à un ensemble de contraintes surdéterminantes semblant épuiser toute marge de manoeuvre, et comme résultat sa tragique impuissance à s'opposer à la montée du chômage la laissent dans un immense désarroi alors même qu'elle en vient à occuper le débat public de manière quasi obsessionnelle. Certes, des approches hétérodoxes telles que celles de la Régulation ont de longue date travaillé à dissiper les attentes excessives, trop exposées au risque d'être déçues, qu' a pu susciter la politique économique, et tenté de ramener à une plus juste place : la croissance est bien davantage le produit d'une configuration structurelle – le mode de régulation – formée dans et pour la longue période que l'effet d'un pilotage technocratique éclairé. Il n'a tenu qu'à la splendeur du keynésianisme de la belle époque que le politique, rarement porté à minorer ses mérites, se pense comme le démiurge d'une croissance sur laquelle en réalité il n'a jamais pesé qu'à la marge....

morlaix«  Regarde, Thobela, regarde-moi ! »

Son fils....

Où étaient les pompistes ?

Il y avait une autre voiture aux pompes, une Polo blanche. Le moteur tournait au ralenti, mais le véhicule était vide. Bizarre. Il lança « y'a quelqu'un ? » et vit qu'on bougeait dans le bâtiment. On arrivait.
Il contourna le pick-up pour ouvrir le capot et jeta un coup d'oeil sur l'horizon. A l'ouest , le soleil déclinait... Il ferait bientôt nuit. Puis il entendit le premier coup de feu. Son écho se répercuta dans le calme du début de soirée. Il sursauta de peur et s'accroupit instinctivement.
-Pakamile ! Hurla-t-il. Baisse-toi !

Mais ses derniers mots furent emportés par une autre détonation, puis une autre encore, et il les vit surgir par la porte :....

ils avaient érigé la pierre tombale. Pakamile Nzudulwazi . Fils de Miriam Nzudulwazi. Fils de Thobela Mpayipheli . 1996-2004. Qu'il repose en paix.
Un simple bloc de granit et de marbre posé dans l'herbe près de la rivière.......

il se rendit au Cap en pick-up, car la moto était trop voyante. Sa valise était posée à côté de lui sur le siège passager. De Port Elisabeth à Knysna. Il vit les montagne et les forêts et se demanda, comme toujours, à quoi elles ressemblaient mille ans avant, quand il n'y avait que les Khoi et les San et les éléphants qui barrissaient dans la jungle épaisse. Passé George, les maisons des riches s'accrochaient aux dunes comme des tiques rebondies, se disputant en silence le meilleure vue de l'océan. De grosses villas, vides toute l'année, qui se remplissaient peut-être un mois, en décembre. Il pensa à la baraque en tôle ondulée de Mme Ramphele dans les plaines marécageuses brûlées de soleil à la périphérie d'Umtata, cinq personnes empilées dans deux pièces, et se dit que les contrastes dans ce pays étaient trop importants.....

Thobela regagna le front de mer par la route qui longeait la montagne pour pouvoir admirer l'océan et la baie. Il lui fallait ça – espace et beauté. Le rôle qu'il venait de jouer l'avait perturbé et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi. L'usurpation d'identité n'avait rien de nouveau pour lui. Pendant les années qu'il avait passées en Europe, elle avait fait partie intégrante de sa vie. Les Allemands de l'Est l'y avaient formé jusque dans le moindre détail. Vivre dans le mensonge avait été son quotidien durant près de dix ans : la liberté, la Lutte, justifiaient les moyens employés....

morlaixRompre avec l'inertie fiscale

tout le monde en convient : la fiscalité française est asphyxiée par sa complexité et par sa faible progressivité,réelle , qui menacent de rompre le lien de confiance entre les citoyens et l'impôt. Chacun suspecte son voisin de mieux tirer parti que lui du système en vigueur. Et chacun soupçonne- avec raison- les plus aisés de s'en sortir mieux que tout le monde, ce qui rend très difficile l'acceptation des réformes et des efforts à partager. Le problème n'est ni de réduire ni d'augmenter les impôts. Il s'agit bien plutôt de les remettre à plat, de mieux les répartir, de les rendre plus simples, plus équitables et plus lisibles.
Tout le monde en convient, mais personne ne fait rien. Pire encore : malgré les discours, l'accumulation invraisemblable de niches fiscales se poursuit chaque année. Qu'il s'agisse des cadeaux aux plus riches( bouclier fiscal, ISF, successions) ou des mesures s'adressant à des groupes plus larges ( intérêts d'emprunt, heures supplémentaires), la politique fiscale de l'actuel gouvernement a surtout consisté à ajouter de nouvelles couches de complexité et de règles dérogatoires à un système fiscal qui en compte déjà beaucoup trop. Et les propositions de « révolution fiscale » actuellement brandies à gauche comme à droite sont tellement floues et engagent si peu leurs auteurs qu'il y a fort à parier que l'inertie, l'accumulation de rustines et l'absence de réforme de fond perdureront après 2012.
Ce livre tente de rompre avec cet état de fait. Il plaide pour une révolution fiscale précise et opérationnelle, dont tous les détails sont chiffrés au grand jour. Nous proposons en particulier la création d'un nouvel impôt sur le revenu, remplaçant un grand nombre de taxes existantes, notamment la contribution sociale généralisée (CSG), l'actuel impôt sur le revenu ( qui, sous sa forme actuelle serait tout simplement supprimé), le prélèvement libératoire, la prime pour l'emploi et le bouclier fiscal. Ce nouvel impôt sur le revenu payé par tous les Français et socialement adapté à la France du XXIè siècle,sera entièrement individualisé, prélevé directement à la source sur les revenus du travail et du capital ( comme l'actuelle CSG, et avec la même assiette que cette dernière), suivant un barème progressif ( comme l'actuel impôt sur le revenu). Une partie des recettes de ce nouvel impôt sur le revenu – qui se présente de facto comme une extension de l'actuelle CSG mais avec un barème progressif – sera affectée à la protection sociale, exactement de la même façon que l'actuelle CSG.

En d'autres termes, il s'agit d'une refondation complète du système d'impôts directs créé en France en 1914,refondation bien plus profonde et plus ample que les réformes de 1945, 1959 et 1990. Trois principes guident cette évolution .
Equité, progressivité, démocratie.........................

morlaixCe sont des enfants. Seize ans . Echauffés par l'alcool et excités par l'approche du sabbat, ils s'enfoncent dans l'obscurité.
Contrairement à l'habitude, la brise est légère et, pour une fois, tiède, comme un souffle sur la peau., doux et attirant. Dans le ciel d'août, une fine brume masque les étoiles mais la lune, aux trois quarts pleine, parvient tout de même à projeter se lumière fantomatique sur le sable laissé humide par la marée descendante. Avec douceur, la mer va et vient sur la plage. L'écume phosphorescent libère des bulles argentées qui restent accrochées au sable doré . Ils dévalent la route qui descend du village. Le sange leur bat les tempes avec force, comme des vagues s'écrasant au pied d'une falaise.

A leur gauche, dans le port minuscule, la houle fait éclater en morceau le reflet de la lune....

« non » Elle le pousse sur le côté et s'éloigne vers la fenêtre pour y trouver un peu d'air. S'ils se dépêchent, ils peuvent encore être de retour avant minuit.
Elle perçoit alors une présence, molle, froide et lourde et, au même instant, elle voit une forme noire émerger de l'obscurité. Elle laisse échapper un cri.

« nom de Dieu, Ceit ! » Uilleam s'approche d'elle. De la frustration se mêle maintenant à son désir et à son angoisse. Soudain, ses pieds se dérobent comme s'il venait de marcher sur de la glace. Il tombe et son coude encaisse tout le choc. La douleur lui transperce le bras. « Merde ! ». Le sol est couvert de gasoil. Il sent l'arrière de son pantalon s'en imprégner petit à petit. Il e a sur les mains. Sans réfléchir, il fouille ses poches à la recherche de son briquet. Ce n'est que lorsqu'il fait tourner la molette avec son pouce et que la flamme apparaît qu'il réalise le risque de se transformer en torche vivante. Mais il est trop tard. La lumière jaillit soudainement dans le noir. Il se protège avec les bras . Mais les vapeurs de gasoil ne s'enflamment pas. Rien ne s'embrase. La lueur de la flamme révèle alors un spectacle si ignoble que son esprit a du mal à saisir.
L'homme est pendu par le cou aux poutres de la charpente, une corde effilochée en plastique lui fait pencher la tête d'une étrange manière.....

morlaixCulture souche sumérienne et densité démographique

La primogéniure fut un élément important de la culture sumérienne, capable d'influencer par exemple le mythe central qu'est l'épopée de Gilgamesh. Il a existé une roi Gilgamesh, cinquième de la dynastie d'Uruk, en général datée des années 2700- 2500. L'épopée a mis en forme au début du Iie millénaire des récits sumériens composés vers la fin du IIIe. La multiplication des versions postérieures de ce récit, devenu élément central de la culture d'Akkad ou de l'Assyrie autant que de celle de Sumer, interdit que l'on date précisément sa signification anthropologique. Mais la nature de Gilgamesh, aux deux tiers divine, un tiers humaine, renvoie symboliquement à une culture de la primogéniture, ainsi que le remarquent Raymond-Jacques Tournay et Aaron Shaffe'r dans leur édition de l'épopée. Cette division retrouve l'équilibre 2/3-1/3 qui résulte fréquemment de la double part de l'aîné.
Dans le cas de Sumer nous pouvons sans risque faire l'hypothèse d'un rapport entre primogéniture et pression démographique, et imaginer une famille souche s'efforçant, dans un monde plein, d'empêcher la fragmentation des patrimoines. Le cas est rare d'une société formalisant avec une telle clarté une sentiment de surpeuplement. Un texte rédigé tardivement ( vers 1600) en akkadien , mais qui reprenait certainement une thématique ancienne, évoque la multiplication des hommes et la fureur des dieux face au pullulement de leur créature.
« Douze cents ans ne s'étaient pas encore passés,

Que le pays s'étendit, que se multiplia la population

La terre mugissait comme un taureau... »

Cette clameur empêche Enlil de dormir . Pour obtenir le silence, les dieux déchaînent épidémie, sécheresse, pour finir par le déluge que nous retrouvons dans la Bible.....

morlaix« c'est un drôle de bataillon, sergent Kummel, m'expliqua le sergent-chef Tetrick le matin de mon arrivée aux Philippines, à la fin de l'été 1962. Insolite. Différent. C'est une unité réduite, moins de soixante-dix hommes. On devrait théoriquement bien turbiner, mais ce n'est pas le cas. Le travail est trop facile, ces gamins en ont marre, et quand ils n'en ont pas marre, ils en ont ras le bol . Ou bien ils ont les entrailles en compote, ou bien ils prennent leurs jambes à leur cou dès qu'on parle d'emploi du temps, et ils n'arrivent pas à roupiller correctement ». Tetrick se leva , et s'approcha d'une démarche traînante du planning du groupe. Il avait encore les pieds sensibles, suite au jungle rot qu'il avait contracté en Birmanie pendant la guerre. Il prenait soin de ne pas poser les arpions par terre plus fort qu'il ne fallait. Il m'expliqua que le 721è détachement des transmissions se composait d'une section opérationnelle , et d'un QG réduit, pour le service de l'ordinaire et les ervices administratifs, l'essentiel de l'administration et du personnel étant affecté à Okinawa....

notes rassemblées en vue d'un récit inachevé

Le tableau noir installé derrière Saunders annonçait en lettres de petite taille mais néanmoins explicites : top secret. On nous rappela verbalement ce que cela signifiait, puis il commença.
Pour le 721e détachement de transmission, il s'agissait ni plus ni moins du Vietnam....

on s'envola de nuit pour Saïgon, on nous déchargea dans un hangar vide avec tout le matériel, y compris quatre camionnettes... vint à nouveau le moment d'y aller. On nous entassa dans des camions remplis de sacs de sable, puis les bâches furent ficelées, et on se retrouva enfermés dans notre propre puanteur.....

la colline 527 , tout comme sa soeur jumelle, la 538 se révélèrent non pas des éminences vertigineuses mais des coteaux assez hauts, flanqués d'une immense clairière plane et herbeuse, grignotée par une forêt luxuriante....

Sensiblement au même moment que l'explosion de mortier, deux fusées de Bengale soufflèrent les barrières internes et externes, l'une du côté de l'accès Est, l'autre dans les parages du bunker de la M-60, à hauteur du point Est du triangle. Des VC avaient fait sauter les grillages internes avec la complicité de sympathisants au sein de la milice, environ une trentaine. Les tirs de mortiers étaient ininterrompus, pilonnant l'enceinte, tandis que des rafales serrées, tirées par de simples fusils et trois armes automatiques de l'orée de la forêt, harcelèrent le haut de la colline, à l'est et au nord. Les M-60 répondirent rapidement, bien que celle du sommet Est cessât presque aussitôt......

j'avais pour mission d'inspecter les morts dans le camp VC, mais je me dirigeai vers la camionnette d'où Morning était sorti, Morning dont on déblayait précisément le corps ( je savais qu'il était mort), puis entrai dans la camionnette. Huit types inextricablement emmêlés, trois qui m'étaient familiers, quatre nouvelles recrues dont je ne voulais pas connaître le nom, et un Viet-cong, un homme de petite taille terriblement âgé assis dans le coin......

morlaixLe Freud que je lisais pour ma gouverne était donc aussi le Freud conseillé par l'Education nationale de la République française qui considère en effet que cet auteur fait partie du patrimoine mondial de la philosophie , choisi pour cela parmi des milliers de noms répartis sur vingt-cinq siècles de pensée. Comment ne pas y voir alors une garantie d'excellence ?
Dans la liste des livres à lire, notre professeur signalait : la république de Platon, le Discours de la méthode de Descartes, le contrat social et le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de Rousseau, les Fondements de la métaphysique des moeurs de Kant, et Totem et tabou puis l'Introduction à la psychanalyse de Freud. Plus près de nous, la formation de l'esprit scientifique de Bachelard. Première leçon de la classe de philosophie : Freud est un philosophe, comme Platon, Descartes ou Rousseau.....

J'ai donc souscrit à ce que j'appellerai les cartes postales freudiennes. Qu'est-ce qu'une carte postale en philosophie ? Un cliché obtenu par simplification outrancière, une icône apparentée à une image pieuse, une photographie simple, efficace, qui se propose de dire la vérité d'un lieu ou d'un moment à partir d'une mise en scène, d'un découpage, d'un cadrage arbitrairement effectué dans une réalité vivante mutilée....

Quelles sont ces cartes postales freudiennes ? J'effectue un choix de dix exemplaires pour ce présentoir, mais je pourrais constituer une plus grande liste.
Carte postale n°1.
Freud a découvert l'inconscient tout seul à l'aide d'une auo-analyse extrêmement audacieuse et courageuse.

Carte postale n°2.
........

pour ma part, j'ai regardé dans la lunette freudienne avec, a priori, le dessein d'y découvrir ce que Freud affirme qu'on y trouve. Je n'y allais pas avec un préjugé défavorable, on l'aura vu : j'ai souscrit assez longtemps à la parole performative de Freud... En revanche, j'ai vu assez de choses dans l'oeilleton pour me permettre de déchirer les cartes postales punaisées si longtemps à mon mur..........

morlaixJusqu'à la révolution, il y avait quatre diocèses en territoire bretonnant : ceux du Léon, de Tréguier, de Cornouaille et -en majeure partie- de Vannes.
Selon certains dénigreurs des langues régionales, les Bretons ne se comprenaient pas d'une région à l'autre. Il y avait effectivement des différences de vocabulaire et surtout de prononciation et d'accentuation. Mais elles n'empêchaient pas tout à fait un Léonard , un Trégorrois et un Cornouaillais de converser, surtout quand ils connaissaient les tendances de l'autre dialecte, comme le faisaient par exemple les marchands et autres itinérants. On s'habitue rapidement à certains changements de voyelle ou de consonne ( selaou, selou, silou, chelou, chilou = entendre), à la transformation de z en h et à des inversions de voyelles ( laez, leaz, lez, laeh, leah, liah = lait). La conversation est bien plus difficile avec les Vannetais : un dixième des mots usuels est sensiblement différent et, sous l'influence des voisins francophones, dans une région où l'immigration bretonne a été moins dense, l'ancienne accentuation sur la fin du mot s'est conservée, ce qui change complètement sa phonétique, jusqu'à réduire ou supprimer l'avant-dernière syllabe, celle-là même sur laquelle les autres mettent l'accent. Depuis un demi-siècle, on s'est appliqué à dépasser les différences, pour tendre vers un breton unifié par divers compromis. Ainsi , le z étant devenu le h en vannetais, les promoteurs de l'orthographe la plus répandue actuellement ont convenu de juxtaposer les deux lettres. D'où le Bzh de nos voitures.

Le léonais est plus complètement articulé ; les autres sont grands dévoreurs de syllabes. Il passe pour la forme la plus pure, la plus proche de l'ancien breton, mais c'est inexact ; c'était seulement le dialecte de la région la plus riche, et de celle où il y avait plus de prêtres, culturellement et linguistiquement influents : elle en fournissait au Trégor et à la Cornouaille, et depuis 1877, le catéchisme unique du diocèse finistérien était rédigé en ce dialecte.

morlaixProfitant d'un moment où plus personne enfin ne faisait plus attention à elle, la belle jeune femme, faussant compagnie à ses parents et à leurs amis, quitta la salle de séjour. Elle traversa la véranda fermée par un fin grillage, passa sur la terrasse et, pieds nus, marcha doucement sur les aiguilles de pin devant la tentaculaire construction en rondins pour descendre ves les plaques rocheuses bien découpées qui bordaient le lac....

Après avoir coupé le moteur, le pilote se mit debout dans le cockpit , ôta complètement ses lunettes et promena son regard d'un bout à l'autre du lac devenu bleu ardoise, enregistrant rapidement, dans la quasi-pénombre, ses dimensions et la découpe du littoral. Il avait pensé arriver plus tôt mais avait commis l'erreur de passer à son atelier après son petit-déjeuner, et lorsqu'il avait de nouveau regardé sa montre il était presque quatre heures et demie. Alicia avait eu raison : c'était un jour férié, et il aurait dû s'autoriser à oublier la politique pour profiter de cette fête comme tout le monde en Amérique, descendre à la rivière avec elle et les garçons pour un pique-nique du 4 juillet et puis, au moment où ils auraient commencé la sieste, il aurait fait un saut jusqu'à la Réserve dans son avion,...Une crise cardiaque, je suppose. Mais quand ils sont arrivés à la maison, il avait déjà passé l'arme à gauche. La fille, la comtesse Machin Chouette, ils l'ont retrouvée juste après avoir transporté le vieux depuis sa campagne. Elle était en train de rentrer à pied depuis le club-house.....

  • Vanessa ! Dit sa mère. Qu'est-ce que tu fais ?

Vanessa passa un bas en nylon autour de la bouche de sa mère et le noua. « je t'avais dit « pas un mot » ! » Evelyn Cole secoua la tête de gauche à droite comme un cheval qui tente de recracher le mors......

Les nouveaux aviateurs américains volèrent en formation d'entraînement à Los Alcazares deux fois par jour pendant une semaine. Le reste du temps ils jouaient à lancer des pièces de monnaie avec leurs mécaniciens espagnols : ils jouaient avec des pièces de cinq pesetas, aussi grosses que des dollars en argent.

morlaixDe ce voyage inédit derrière la façade du patronat français, se dégagent quelques traits saillants qui méritent d'êtres soulignés. Un premier constat s'impose : le fonctionnement de l'économie, et singulièrement celui du capitalisme moderne industriel hérité du XIXè siècle, repose le plus souvent sur la triche..., en résumé, le simple et habile contournement de la loi. Dans tous les cas, l'essentiel est de ne pas se faire prendre....

Ce qui conduit au deuxième constat : la proximité quasi permanente de ce capitalisme avec le monde politique, y compris ses franges les plus interlopes. Sait-on que les réseaux du CNPF ont permis de recycler toute une génération de « jeunes loups » ambitieux issus de l'extrême droite ?

Troisième constat : le patronat français n'a jamais cessé d'organiser son pouvoir d'influence pour imposer ses vues et s'ouvrir des perspectives de profit. Sait-on aujourd'hui que la guerre d'Indochine a servi de creuset idéologique aux services de communication patronaux, des acteurs incontournables de la vie économique d'aujourd'hui ?....

Aujourd'hui, à l'heure où certains redécouvrent avec cynisme ou pragmatisme les vertus du keynésianisme, les multinationales ne se sont jamais autant affranchies des lois : chambres de compensation financières, paradis fiscaux, places off-shore....

Avec la guerre et l'Occupation, le patronat français n'a pas écrit les pages les plus glorieuses de son histoire : la plupart de ses membres ont composé avec le régime de Vichy et l'occupant allemand . Parmi les rares exceptions, une poignée de polytechniciens, dont quelques-uns sont morts en déportation, ainsi qu'un nombre infi&

Commentaires

Je vous félicite pour votre recherche. c'est un vrai état d'écriture. Développez

Écrit par : serrurier paris 6 | 21/07/2014

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